Frédéric - Avril-Mai 2009

Dimanche 26 avril 2009

Les vacances sont arrivées ! Nous sommes confortablement installés dans un Airbus presque neuf de la compagnie Qatar Airways, qui vient d’être élue "meilleure classe économique" par Skytrax, la référence de notification des compagnies aériennes et nous arriverons à Manille dans 16 heures.

Tout avait commencé par une discussion un peu "en l’air" : l’hiver semblait ne jamais vouloir se terminer et nous voulions de l’exotisme et du soleil. Ce soir-là, il y a une quinzaine de jours, avec Maryline (qui avait participé par le plus grand des hasards aux deux premiers voyages que j’avais effectués aux Philippines), nous avions évoqué la possibilité de partir en vacances ensemble :

Nous avions lancé des idées de destinations : les Seychelles ? Trop cher malgré les tarifs promotionnels accordés aux agents de voyages. Bali ? Maryline connaît par cœur. Oman ? Trop sec (nous voulons voir des plantes exotiques et passer notre vie dans l’eau). Cuba ? Non, Maryline a prévu d’y aller en septembre prochain. Bornéo ? ça aurait pu être la destination de ces vacances mais notre choix s’est porté sur Palawan.

L’an dernier, nous n’avions visité que la baie d’El Nido et sommes restés un peu frustrés de ne pas découvrir le reste des merveilles de la "dernière frontière" comme les Philippins appellent eux même la plus isolée de leurs îles.

Après s’être mis d’accord sur les dates (pas facile : nous avions chacun plein de collègues qui avaient prévu bien avant nous de solder leurs congés), nous lançons l’invitation sur Facebook : "Maryline et Fréderic vous proposent les Philippines début mai".

Julia, Franck et Cédric ont été séduits. Quelques conversations et e-mails plus tard, c’est organisé : Je partirai à Palawan avec Julia et Maryline du 26 avril au 7 mai. Franck et Cédric veulent trekker dans les rizières de Luzon et passer leur diplôme PADI à Bohol. Je ne les verrai donc pas ! Après un itinéraire d’îlot en îlot à Palawan avec moi, Maryline et Julia rejoindront les garçons pour une petite semaine à Bohol.

Je regrette déjà de ne pas pouvoir rester aussi longtemps qu’eux aux Philippines : j’avais beaucoup aimé Bohol il y a 18 mois et il y a d’autres îles des Visayas que j’aimerais découvrir. Je me limiterai à Palawan cette fois ci : Siquijor ou Malapascua attendront. 

Lundi 27 avril 2009

Les horaires de Qatar Airways sont parfaits pour ne pas souffrir du décalage horaire, si difficile dans le sens Europe/Asie : départ Paris 15h50, arrivée Doha 23h (6 heures de vol et une heure de décalage horaire, donc 3 films de James Bond). Départ Doha 1h du matin, arrivée Manille 16h (9 heures de vol dont 8 heures de sommeil, 5h de décalage horaire). Les formalités de police et de douane sont rapides, le taxi (300 pesos, soit 5 € : il va falloir se réhabituer aux tarifs philippins) semble connaître toutes les petites rues pour éviter les embouteillages et l’arrivée au Sofitel est fluide.

Comme Maryline et moi sommes déjà des clients "fichés", nous n’avons pas à remplir les fiches d’entrée, déjà imprimées par le Sofitel. Douche rapide et je fonce à la piscine délasser mes muscles endoloris par le voyage.

J’abandonne ensuite Maryline (qui attend Julia, partie via Hong-Kong et qui arrivera plus tard dans la soirée) car je suis un garçon professionnel, et même si je suis officiellement "en vacances", je pars visiter 3 hôtels de catégorie standard pour nos clients qui cherchent un hébergement simple mais confortable pour une nuit à Manille (c’est le cas de la plupart d’entre eux : on ne s’éternise que très rarement à Manille).

Pour les petits budgets, je retiens l’hôtel La Corona et le Lotus Garden, tous deux dans le quartier d’Ermita, à dix minutes à pied d’Old Manila, le quartier colonial. Pour 50 € de plus, le Sofitel est quand même très nettement au dessus au niveau confort.

Dîner ensuite avec Sylvain, Olivier et Arlene qui gèrent les réservations de nos clients à Luçon. On se régale au restaurant de la veuve d’Alfred Sirven : cuisine fusion française et asiatique : Bœuf bourguignon pour les résidents philippins (so exotic !) et poisson cuit dans la noix de coco et mangues fraiches pour moi.

Je leur laisse ensuite le plus beau des cadeaux qu’on puisse faire à des Français expatriés aux Philippines : la presse française (presque) fraiche de la veille. Sylvain et Olivier vont pouvoir réfléchir aux analyses profondes de la presse sportive à propos de l’issue de la saison de Ligue 1 (sujet de taquineries chaque lundi entre eux et moi par e-mails interposés : nous ne sommes pas supporters des mêmes clubs)            

Mardi 28 avril 2009

Grasse matinée et petit déjeuner de roi à l’hôtel. Le Spiral, le restaurant du Sofitel est réputé dans le tout-Manille chic pour la qualité (et la quantité) de sa restauration. Pendant que les filles font connaissance avec le service bagages de l’aéroport international de Manille (Air France a oublié de mettre le sac de Julia dans le vol Paris/Hong-Kong d’hier soir), je pars embrasser mon amie Joy, la directrice commerciale d’El Nido Resorts, où j’avais passé deux jours parfaits en avril dernier.

Je retrouve ensuite les filles (et leurs sacs au grand complet) à l’aérogare privé d’où partent les vols affrétés pour El Nido. Le staff pèse nos sacs (j’ai réussi à partir en vacances avec moins de 10 kilos de bagages, presque un exploit !) et c’est parti pour 1h15 de vol.

Nous survolons le sud de Luçon, les îles de Busuanga, Coron et Culion, petites merveilles de sable blanc sur mer turquoise, et arrivons à El Nido où nous attend un mini-van pour Taytay, à 50 kilomètres de là. Les chemins sont chaotiques mais les amortisseurs du van parfaits.

A chaque virage, la végétation se fait de plus en plus dense ; nous sommes en pleine campagne, presque un  désert vert. Difficile d’imaginer qu’il y a quelques heures, nous étions dans les bouchons d’une mégapole de 15 à 20 millions d’habitants.

à peine une heure plus tard, nous sommes arrivés au petit port de Taytay où nous embarquons sur un speedboat pour Flower Island, une robinsonnade délicieuse, l’un des best sellers de l’agence. Imaginez une île corallienne perdue dans la mer de Sulu : juste 9 petits bungalows de bambou à la lisière d’une forêt tropicale. C'est l’antithèse des resorts internationaux : ici, ni climatisation, ni télévision, ni internet : juste les bruits des oiseaux, les odeurs des fleurs et herbes sauvages, les saveurs d’une cuisine exotique, riche et variée, la tranquillité d’une plage de sable blond, baignée par une eau turquoise.

Nous décompressons immédiatement : le stress de notre vie parisienne est rapidement oublié. Surtout qu’à part nous trois, seule une petite famille discrète séjourne sur Flower Island. La famille en question partira d’ailleurs le lendemain matin ce qui nous permettra d'avoir l’île pour nous trois pendant le reste de notre séjour. 

Mercredi 29 avril 2009

A quelques encablures de Flower Island, le propriétaire de l’île exploite des fermes perlières, où est  exploitée la fameuse perle dorée de Palawan. Comme la plupart des clients de l’île-hôtel, nous profitons de notre séjour pour une visite passionnante du laboratoire où nous sont expliquées toutes les étapes de la culture de la perle dorée.

800 personnes travaillent ici, un bel exemple d’économie écologique. La visite terminée, nous partons pour la première des nombreuses sessions de snorkeling de notre séjour. Des poissons multicolores sont partout. Nous avons la surprise de nous arrêter sur un îlot minuscule où nous est servi un délicieux déjeuner de fruits de mer où nous profiterons encore une fois de la plage, des plaisirs de la nage et d’encore un peu de snorkeling.

De retour sur l’île, massages et sieste (il fallait bien ça pour se remettre d’une journée chargée).  

Jeudi 30 avril 2009

Pour des raisons de planning de vols (l’aéroport de Taytay n’est plus desservi depuis six mois), il est illogique de commencer un voyage à Palawan par Taytay. C’est bien dommage pour nos clients car cette petite étape était un véritable sas de décompression avant de commencer notre "vrai voyage". 

Nous avons dormi au moins la moitié du temps que nous avons passé à Flower Island. C’est un havre de paix parfait où nous avons perdu toute notion du temps et nous avons retrouvé en quelques heures seulement la plus totale des décontractions. Un séjour à Flower Island, même aussi court, c’est une vraie thérapie pour qui veut oublier le stress du quotidien. A Flower, nous avons été choyés, dorlotés, gâtés, nous nous sommes refait une santé ! 

Il faut malheureusement repartir, mais nous savourons à l’avance notre prochaine étape : une sorte de camping sauvage sur un îlot de sable blanc.  
Il faudra un peu  plus de deux heures pour rejoindre Roxas, à 70 kilomètres de Taytay. Comment décrire le chemin qui nous y a menés ? Maryline et Julia ont tout de suite compris pourquoi j’écris dans mes programmes que la liaison est "une alternance de routes et de pistes au sein d’une végétation luxuriante" :

Au milieu de la jungle du nord de Palawan, a été percée cette longue bande qui permet de traverser Palawan du nord au sud. Le chemin est fait de terre presque rouge, aux ornières profondes et partiellement inondées.

Parfois, pendant quelques dizaines de mètres, la terre est recouverte de ciment, ce qui permet de dépasser la vitesse de 30 km/h pendant quelques secondes. Le minivan est confortable, mais nous dépassons et croisons plusieurs bus bloqués au bord de la route. Les passagers, de la boue jusqu’aux genoux, attendent un hypothétique miracle qui permettra au bus de s’extraire des ornières. Les grues du chantier de la route ne sont jamais loin et finiront toujours par sortir le bus de la terre collante. Leur chemin reprendra jusqu’au prochain incident. 

Le lendemain, j’apprendrai qu’à l’automne dernier, la route était complètement coupée sur 4 kilomètres entre Taytay et Roxas. Les passagers des bus devaient marcher 4 kilomètres, chargés de leurs bagages pour changer de bus.

Arrivés à Roxas, et après avoir rapidement visité le village (et trouvé une boutique internet où l’heure de connexion en bas débit est facturée 15 pesos, soit 20 centimes), nous empruntons un bateau à balancier pour "Coco Loco Island Resort", à une heure de Roxas (c’est la durée officielle : on a mis un peu plus de temps à cause d’une avarie de moteur et la présence d’algues dans les hélices, mais l’équipage du bateau a plongé et "rapidement" réparé ces petits problèmes). 

Soirée "cocktails" avec les filles et les autres voyageurs du Coco Loco. Les cocktails au rhum sont facturés environ 100 pesos (1,50 €). Grâce à ce prix modique, nous n’avons pas été ruinés... je ne ferai pas de commentaire supplémentaire ! 

Vendredi 1er mai 2009

Comme nous n’avons pas mélangé les alcools (nous sommes prêts à passer un contrat d’exclusivité avec une marque de rhum, pourquoi pas la réputée Tanduay ?), nous n’avons pas mal à la tête.

Ce matin, nous allons découvrir notre environnement : arrivés de nuit, nous n’avons rien vu hier.  Si la douceur de Flower Island ou la qualité de l’environnement de la baie d’El Nido suffisent à justifier un voyage aux Philippines, avouons que la beauté du site de Coco Loco comblera le plus exigent des amoureux des îles de rêve.

Il est aisé de faire le tour de Coco Loco en 10 minutes à pied. Cette île est juste parfaite : ronde, complètement entourée de sable blanc, baignée d’une eau presque trop chaude, et équipée d’un centre de plongée très professionnel.

Il me semble tout de même difficile de proposer Coco Loco à nos clients tant l’hébergement est rudimentaire : les huttes de bois sont minuscules et peu entretenues, il n’y a pas d’eau douce (les douches sont alimentées d’eau de mer partiellement dessalée, on a juste un seau d’eau douce pour se rincer après la douche). Je me réjouis d'être presque chauve. Maryline et Julia m'ont raconté ce qu'était se laver les cheveux à l'eau de mer.

Notons aussi un manque de diversité de la restauration, le manque d’intimité des clients et la présence d’une colonie de moustiques impressionnante (corolaire logique de la nature sauvage et presque vierge de l’île). Nous avons cependant passé sur la plage, dans l’eau et au bar du Coco Loco, une journée, une matinée et deux soirées fort agréables.

Samedi 2 mai 2009 

Quand nous avons ouvert l’agence il y a cinq ans, la plupart des clients planifiaient leur voyage entre six et trois mois avant le départ.

Depuis 18 mois, nombreux sont ceux qui s’y prennent à un mois de leur départ, quand ce n’est pas à quelques jours seulement ! C’est toujours un challenge intéressant de trouver des solutions à ces clients, mais pour être réaliste (et pour préparer psychologiquement les clients aux contre-propositions), j’ai l’habitude d’expliquer qu’il faudra être un peu souple dans le déroulement des programmes et qu’avec le peu de délai dont je dispose pour organiser les itinéraires, il faudra se contenter parfois de ce qui reste disponible).

Comme les cordonniers sont les plus mal chaussés, et que nous avons décidé de notre itinéraire qu’à 8 jours du départ, j’ai été confronté moi aussi à ce problème : il n’y a plus une chambre disponible à Sabang qui aurait dû être notre étape ce week-end. Nous filons donc jusqu’à Puerto Princesa (2 heures de trajet confortable sur route presque moderne), la « capitale » de Palawan. Dépose de nos sacs à l’hôtel Asturias où nous dormirons ce soir.

Pour un excellent rapport qualité/prix, on y a comme nos clients  de grandes chambres assez impersonnelles mais très bien équipées. La piscine de l’hôtel est grande et malheureusement trop fréquentée : comme presque tous les week-ends, un petit Philippin fête autour de la piscine son anniversaire avec tous ses petits copains, amusés par des clowns bruyants et une musique insupportable. Nous ne resterons donc que 5 minutes à l’hôtel.

Il est malheureusement trop tard pour assister aux fameux combats de coqs qui rythment les week-ends des Philippins. Nous prenons des tricycles (30 à 60 pesos selon la durée du trajet) pour se balader au marché coloré, pour admirer le point de vue sur la baie, pour visiter quelques églises. Avant de goûter à la cuisine délicieuse du Ka Lui, le restaurant le plus réputé de Puerto Princesa (cuisine sophistiquée de produits de la mer, dans un cadre superbe et zen, moins de 10 € par personne). Retour à l’hôtel en fin de soirée (la bande de gamins de 7 ans est heureusement partie)                                                                

Dimanche 3 mai 2009

à 12 kilomètres au Nord de Puerto Princesa, Honda Bay est célèbre pour ses fonds marins coralliens, ses eaux transparentes et ses poissons multicolores. Nous avons été invités par l’hôtel Dos Palmas à passer la journée sur l’île privée qui abrite ce bel hôtel de 90 chambres. Après quelques minutes de route et une demi-heure de traversée en bangka motorisée, nous arrivons sur le resort où les quelques clients semblent effrayés par la horde de près de 100 touristes "à la journée" qui débarquent.

Dos Palmas est un petit bijou dans une atmosphère délicieuse. Plage magnifique, végétation abondante dans un cadre enchanteur, spa de haute qualité, Dos Palmas aurait pu être une parfaite destination de villégiature, à moins d’une heure de Puerto Princesa. Je nourrissais le secret espoir de découvrir à Dos Palmas une alternative à El Nido, que certains clients rechignent à visiter après la découverte du centre de Palawan, tant la distance vers l’extrême Nord de l’île peut paraitre dissuasive (6 à 7 heures de route).

Dos Palmas pratique des prix trop élevés (20% supérieurs à ceux d’El Nido pour une qualité moindre), et surtout, l’hôtel est rentré dans une spirale infernale de dévalorisation : tarifs trop chers -> hôtel vide -> réflexion pour augmenter ses recettes -> offre de séjour "à la journée" -> hordes de touristes à la journée -> pas envie d’y rester plus.

J’aurai donc la même réflexion que les autres tour-opérateurs au courant de cette méthode de commercialisation : pas question de vendre à mes clients un hôtel aussi cher qui est un havre de paix de 16h à 8h et un Club-Med du pauvre de 8h à 16h. Nous passons quand même un moment très agréable entre snorkeling, kayak des mers et massage au spa.

Retour à l’hôtel (encore un petit Philippin qui fête ses 7 ans) pour récupérer nos bagages et partir en tricycle pour l’hôtel Hibiscus. La surprise est agréable : certes, il n’y a pas de piscine dans ce petit hôtel, mais on a déjà bien profité de la mer aujourd’hui. Les 14 chambres sont disséminées autour d’un grand jardin fleuri et très bien entretenu. Il y a du pastis sur la carte des apéritifs (détail important pour le Marseillais que je reste, même au bout du monde).

D’ailleurs, la moitié des clients de l’hôtel a l’accent de la Canebière. à se demander comment Thierry, le propriétaire de l’hôtel (un Marseillais qui gérait il y a encore quelques années Flower Island) commercialise son établissement.

Un jour, quand le Guide du Routard publiera une édition sur les Philippines, il sera écrit : "Hôtel Hibiscus : notre préféré à Puerto Princesa : le patron est sympa : il parle français" (on parie ?). Malgré l'absence de piscine, l’Hibiscus sera mon préféré à Puerto Princesa, parce que le Legend est une grosse construction en béton et l’Asturias une structure trop bruyante. Le soir, balade dans Puerto Princesa. Encore du poisson grillé. à ce régime là, j’ai déjà perdu une taille de pantalon !

Lundi 4 mai 2009 

Ce matin, il faudra se lever tôt ! 
A l’agence, nous réservons toujours des transferts privés en mini-van ou en jeepney climatisée pour nos clients lorsqu’ils changent de ville. Nous avons voulu tester les bus locaux pour voir la différence. Renseignements pris, les départs de 7h et de 8h pour Sabang sont effectués avec de petites jeepneys au confort très rudimentaires ; celui de 9h avec un vrai bus équipé d’amortisseurs.

Nous choisissons donc le bus de 9h.  (Aventuriers ? certes, mais des aventuriers sensibles au confort).

Le terminus des bus est situé à 30 minutes du centre de Puerto Princesa (il a été assez difficile de trouver un tricycle prêt à accepter trois voyageurs et autant de sacs à dos pour un si long trajet) et nous sommes surpris de la taille du terminal de bus : c’est là que nous nous rendons compte de l’importance et de la situation géographique stratégique de Puerto Princesa en plein centre de Palawan :

15 bus sont "prêts à partir" une fois qu’ils auront été chargés de multiples sacs (sur le toit), de passagers (les hommes choisissent souvent de voyager assis sur le toit) de bidons divers et de nombreux enfants (qui s’assoient avec leurs mères à 4 ou 5 sur des bancs prévus pour 2).

En choisissant un transfert en bus, je n’avais qu’une peur : prendre froid à cause de l’excès de climatisation. Aucun risque : à part le pare-brise, le bus n’a plus aucune vitre en état ! La route est superbe : nous passons devant de nombreux villages cachés dans une végétation épaisse, nous nous arrêtons régulièrement pour que des passagers puissent monter et descendre à des endroits où rien ne pouvait laisser imaginer que le bus pouvait officiellement s’arrêter.

Les trois "contrôleurs" du bus semblent savoir très exactement où chaque passager est monté (on paye à la descente). L’un de mes meilleurs souvenirs gastronomiques de la semaine sera un délicieux gâteau de riz au caramel acheté sur la route (par la fenêtre cassée du bus) lors d’un arrêt intempestif dû au blocage de la route par un animal égaré. (4 pesos, soit 6 centimes)    

Après une dernière demi-heure de piste à forte dénivelée (mais comment le bus est-il arrivé jusque là ?), nous débarquons à Sabang, sans doute l’endroit le plus "touristique" (dans le mauvais sens du terme) de Palawan. Il faut dire que Sabang abrite la rivière sous-terraine du Parc Naturel de Saint Paul, l’une des grandes fiertés des Philippines (les Philippins ont choisi la rivière sous-terraine pour représenter leur pays à l’élection des "7 nouvelles merveilles du monde" plutôt que les rizières en terrasses de Banaue ou les collines de chocolat de Bohol).

Nous nous frayons un passage entre de très nombreuses tablées de Philippins et de touristes qui encombrent le village. Même si je savais que le début d’après-midi était le créneau de la journée qui recevait le plus de touristes (presque tous partent le matin de Puerto Princesa, font une petite excursion dans le Parc Naturel, déjeunent à Sabang et rentrent le soir-même), je ne m’attendais pas à trouver tant de monde dans le village.

Nous traversons le village à la recherche de la pension dans laquelle nous dormirons (l’hôtel Daluyon, le seul bel hôtel de Sabang est plein depuis longtemps, c’est bien fait pour nous : nous aurions dû organiser nos vacances un peu à l’avance).

Les cabanes de bois sentent le renfermé. Il n’y a pas de serviette de toilette (après en avoir réclamé à la réception : ils finissent par en apporter une pour nous trois), nous filons vers la plage. Elle est déserte !

à part dans les restaurants et dans la rivière sous-terraine, Sabang est déserte et délicieuse. Nous passons l’après-midi dans les rouleaux de la mer de Chine, sur cette plage de sable blond et rosé, abritée par une cocoteraie sauvage. La vue et l’environnement sont parfaits.                  

Le soir venu, il n’y a plus personne dans le village : les bus qui sont arrivés ce matin de Puerto Princesa ont fait le voyage dans l’autre sens et les hordes de visiteurs sont rentrés à Puerto Princesa !

Nous prenons nos quartiers au Daluyon : nous n’avons pas pu y dormir, mais nous allons en profiter quand même ! Bar sur la plage, restaurant délicieux de spécialités de la mer, salon exquis : nous passerons au Daluyon une soirée parfaite ! (renseignements pris, tous les clients sont bien arrivés : il n’y a vraiment pas de chambre disponible pour nous. Dommage : nous aurions volontiers abandonné notre cabane)  

Mardi 5 mai 2009 

Dés 8 heures, (avant l’arrivée des touristes, vous me suivez ? Non ? Alors relisez ce que j’ai écrit de la journée d’hier), nous partons visiter la rivière sous-terraine et explorer le Parc Naturel de Saint Paul. Après 30 minutes de navigation  pour l’entrée du Parc (nous y avons retrouvé exactement les mêmes paysages qu’à El Nido), nous montons à 10 dans un petit bateau où un guide plein d’humour (en anglais, tagalog, chinois et même un peu en français) nous donne plein d’explications géologiques.

La rivière sous-terraine est la plus longue du monde : 8,2 km. Les bateaux se suivent en file indienne. J’ai du mal à imaginer comment ça se passe dans l’après-midi avec la foule. Après une petite heure de bateau entre grottes, stalactites et stalagmites, nous rentrons au village par la "piste des singes", deux heures de balade dans une nature superbe, accompagnés par les varans, les singes, des papillons multicolores, de nombreux oiseaux et des colonies de moustiques.

Comme la plupart des touristes qui choisissrnt de rentrer par la mer, nous avons l’impression d’être absolument seuls dans la jungle. En tout, la balade aura duré 6 heures et c’est affamés que nous nous installons pour déjeuner au Daluyon, où le staff persiste à nous demander le numéro de notre chambre. (Forcément, à nous voir ici toute la journée, ils nous prennent pour des résidents).

Après l’après-midi sur la plage (nage dans les rouleaux, sieste, bronzage, bouquins), cocktail et dîner au Daluyon et nous finissons la soirée à deviser sur la beauté du village, de la mer et la qualité de cet hôtel qui est finalement celui dont nous avons le plus profité depuis le début de notre séjour.

Mercredi 6 mai 2009 

Il faut quitter Sabang à 6h30. Nous avons un avion à prendre ! Le minivan nous emmène à Puerto Princesa en 2h15 (nous avions mis près de 5 heures avant-hier en bus) et comme il nous reste un peu de temps, nous retournons à l’Hibiscus (moins de 10 minutes de tricycle de l’aéroport) prendre un délicieux petit déjeuner.

La journée sera consacrée au transport : minivan depuis Sabang, aller-retour en jeepney, avion de Palawan à Manille puis de Manille à Dumaguete, au sud de l’ile de Negros, encore un petit transfert en voiture jusqu’au port, puis bac de Dumaguete à Satander, la pointe Sud de l’île de Cebu et 20 minutes de pick-up jusqu’à Fantasy Place, notre best-seller l’été dernier, que je souhaitais absolument découvrir.

Accueil charmant de Briget et Claude qui gèrent l’endroit. Les chambres sont spacieuses, sobres et bien équipées. La piscine est plus grande que sur les photos. La plage est petite mais très "privée" et la cuisine de Briget est délicieuse.

Nous passons à Fantasy Place un moment très agréable en compagnie de Claude qui nous a raconté mille anecdotes sur sa vie de marin, son exploration des îles philippines, de quoi nous donner encore de nombreuses pistes de voyages dans l'archipel. Il est composé de 7107 îles, je n’en connais même pas 50. Il me faudrait bien plus d’une vie pour les découvrir toutes !     

Jeudi 7 mai 2009 

Il était prévu que ce matin, je parte en excursion aux chutes de Kawasan. Mais nous nous sommes couchés tard hier, les filles doivent partir à midi pour Dumaguete et attraper leur bateau pour Bohol, où elles retrouveront Cédric et Franck qui viennent de finir leur baptême de plongée.

J’ai une grosse crise de flemme et décide de passer la matinée autour de la piscine de Fantasy Place avec Julia, Maryline et Kevin, le fils de Claude qui vient d’apprendre à nager. Derniers moments de vacances : les plus agréables. Nous nous remémorons les instants que nous avons passés ensemble et les paysages sublimes que nous avons découverts à Palawan.

Les routes détrempées, les orages et les pannes de bateau étaient autant de moments de fous rires où jamais nous ne sommes inquiétés de savoir si nous arriverions vraiment à destination.

Les demi-journées entières de pluie ne nous ont jamais déçus, les repas où nous a été servie une nourriture délicieuse (et les cocktails) ont été autant de moments de privilégiés où nous avons refait le monde : ces vacances ne sont certes pas les plus actives ni les plus riches en découvertes que nous ayons vécues, mais sans doute des plus relaxantes et agréables. 

L’après-midi, après le départ de Maryline et Julia, je suis allé visiter l’usine de jouets en bois voisine. Le propriétaire de Fantasy Place est un entrepreneur français qui fait fabriquer sur place des pièces de bois qui sont taillées, peintes et vernies à la main à quelques kilomètres de Fantasy Place. Un bel exemple de développement durable et équitable et une visite intéressante. Petit coup de pub : visitez leur site web

Après le départ des filles, je passe ensuite quelques heures sur la plage avec mon dernier bouquin puis passe la soirée avec un couple de jeunes voyageurs lillois charmants qui viennent d’arriver à Fantasy Place.

Vendredi 8 mai 2009

Il faut malheureusement faire le voyage dans l’autre sens : Fantasy Place / Santander en tricycle, Santander / Dumaguete en bac, puis tricycle à nouveau vers l’aéroport, avion, taxi, embouteillages de Manille, pour retourner au bureau de Sylvain et Olivier. 
La petite escale à Manille sera courte puisque mon vol international ne part "que" sept heures après l’arrivée du vol Dumaguete / Manille.  

Avec Sylvain et Olivier, nous dressons un bilan de cette découverte partielle de Palawan et de la bonne surprise que m’a réservé Fantasy Place. Je leur explique et justifie mes choix en matière d’hébergement : oublier Dos Palmas tant qu’ils pratiquent le système de "touristes à la journée", essayer de négocier avec l’Hibiscus à Puerto Princesa qu’ils acceptent nos clients même s’ils ne restent qu’une nuit (normalement, l’hôtel demande un minimum de deux nuits mais il y a tellement plus intéressant à découvrir à Palawan qu’il serait dommage de rester plus de 24 heures dans la "capitale") 

Il faut ensuite repartir pour l’aéroport, où je goûte encore une fois le plaisir d’être traité comme un passager "VIP" de la classe affaires. Je ne dois surtout pas y prendre goût ! Mon prochain voyage long-courrier dans 27 jours (vers une île de l’océan indien cette fois-ci) se fera en classe économique dans des conditions bien moins luxueuses et confortables.