Frédéric - Janvier 2010

Jeudi 31 décembre 2009 : Départ de Paris.

J’ai toujours eu un problème avec les dates imposées… le défilé du 14 Juillet, les chrysanthèmes de la Toussaint et… le 31 Décembre.
Ranger au fond d’un tiroir les 365 derniers jours m’a toujours paru bizarre…
Cette année, je profitais qu’il y ait de la capacité disponible sur le vol du 31 décembre pour décoller pour les Philippines. C’est mon quatrième voyage en deux ans…
Pendant que la terre entière festoie, danse et jette des cotillons, Maryline et moi dormons comme des bébés dans un vol presque vide. Et non, sur Cathay Pacific, cette nuit là, ni champagne, ni foie gras, ni rien… un vol normal.   

Vendredi 1er janvier 2010 : Hong-Kong.

Maryline, qui sera mon compagnon de voyage cette semaine est une fanatique des villes asiatiques. Elle connait Bangkok et Singapour comme sa poche, elle est déjà allée à Manille et Kuala Lumpur… mais elle ne connait pas Hong-Kong. Comme j’ai exploré la ville il y a deux ans pendant 5 jours, je serai son guide pour 2 jours !
Vous savez que « les cordonniers sont les plus mal chaussés » : comme j’ai organisé notre voyage la semaine dernière, tous les hôtels de la city of lights sont complets. Après de longues recherches, nous avons réussi à trouver un boui-boui épouvantable dont par charité, je tairai le nom.
On a fait le tour de Kowloon à pied et en métro, trainé dans les petites boutiques chinoises, visité des temples, mangé des raviolis et des vapeurs… et assisté à la Symphonie des Lumières à 20h tapantes. Une visite ultra-rapide de cette ville pleine d’énergie que j’aime tant !

Samedi 2 janvier 2010 : Hong-Kong.

Départ en ferry vers l’île de Hong-Kong aux gratte-ciels infinis. Temples, antiquaires, chinoiseries de l’époque Mao. Nous chinons, on cherchons, on rions… mais n’avons pas acheté grand chose. Je le regrette vivement : c’est au retour qu’il faut s’arrêter à Hong-Kong pour profiter des 1001 tentations de shopping. Promis : une prochaine fois, je m’arrêterai à Hong-Kong après un voyage en Asie pour pouvoir dévaliser les brocantes de ces faïences kitsh et de ces affiches d’un autre âge…
En fin de journée, enregistrement de notre vol Philippines Airlines depuis le terminal de métro en centre-ville (voyager sans bagages est tellement appréciable…), métro d’un modernisme impressionnant jusqu’à l’aéroport et envol dans un Airbus 330 de la dernière génération (Philippines Airlines vient juste d’être livrée) pour Manille.
Formalités rapides de police et de douane, taxi pour le Sofitel (Maryline et moi y avons déjà séjournée 5 ou 6 fois : nous sommes reçu tels des VIP…). Nous avons l’impression d’y être comme à la maison tellement nous le connaissons par cœur. Un seul reproche : le bar du lobby ferme à minuit. Heureusement que le room service fonctionne 24h/24.

Dimanche 3 janvier 2010 : Tagaytay et le lac Taal. 

A l’agence, nous avons l’habitude de créer les programmes en fonction de plusieurs critères. Eviter l’affluence dans certains sites le week-end en est un. Mais nous ne pouvions pas visiter le lac Taal un autre jour que ce dimanche, alors il a fallu nous y résoudre, même si nous savions que le Lac Taal est très fréquenté par les Philippins le week-end.
C’est magique ! Après deux heures de route pour Tagaytay, nous prenons une bangka, traversons le lac Taal, arrivons au volcan Taal, qui lui-même est surmonté d’un lac duquel est sorti un petit volcan. Nous atteignons le sommet après une petite heure de marche. Il faut bien que tout le monde vive… mais tous ces gens qui louent des poneys (dont l’état de santé provoquerait l’ire des ligues de protection des animaux) et qui font en sorte que les poneys piétinent la poussière pour pouvoir nous louer des masques ne me plaisent pas…
En revanche, le panorama est sublime, les villages de pêcheurs environnants semblent hors du temps et nous passons une délicieuse journée « à la campagne ». Il faudra juste que je me souvienne que sous aucun prétexte, il ne faut entreprendre l’ascension du Taal lors d’un week-end…

Lundi 4 janvier 2010 : Manille / Naga / Caramoan.

Check-out de l’hôtel à 4 heures du matin (malheureusement bien trop tôt pour le sublime buffet gargantuesque du Sofitel…) et départ pour l’aéroport. Manille est l’une de ces mégalopoles ou même à 4 heures du matin, il y a des embouteillages ! Décollage à 5h45 pour Naga (qu’on ne vienne pas me dire qu’en vacances, on se repose…) dans la province de Bicol. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais après 20 minutes de taxi, une heure de vol, 1h30 de route jusqu‘au port, 2 heures de ferry et encore 30 minutes de route, nous arrivons au Gota Village…
C’est au Gota Village que s’est déroulée la dernière saison de Koh Lanta. Comme les Français ont vu les images de Caramoan tout l’été dernier, il fallait bien que j’aille voir à quoi ressemble Caramoan ! Fier de cette renommée, l’hôtel fait tourner en boucle les images du programme au restaurant à tous les repas… 

Gota Village est un hôtel d’état, ce qui est la promesse de « zéro service ». Heureusement, nous le savions avant d’y arriver ! 70 petits chalets en bois impeccables, un environnement extraordinaire (plages de sable blond, roches noires qui plongent directement dans la mer des Philippines) mais… une nourriture insipide, un service inexistant… Cela ne nous a pas empêché de profiter de magnifiques sites de snorkeling absolument déserts !     

Mardi 5 janvier 2010 : Caramoan.

Aujourd’hui, nous avons loué deux motos et avons exploré la région. Les rizières sont omniprésentes : dés que le terrain est plat, on cultive ! Le vert des rizières est presque fluo !
Les rizières sont ravissantes mais bien sûr, il ne faut pas les comparer aux majestueuses rizières de Banaue, au nord de Luçon. Les rizières de Caramoan n’ont en revanche rien à envier aux rizières de Bali ou du Vietnam.
Dans tous les villages, nous avons été accueillis par les sourires spontanés des adultes et les cris de joie des enfants. Les voyageurs sont peu nombreux dans la région. Nous l’avions compris dés l’aéroport puisque nous étions les deux seuls « blancs » dans l’avion et dans le ferry… Dans un village, nous assistons à un combat de coqs. Tout le village est là et nous sommes invités à partager le déjeuner. Les enfants veulent tous être pris en photo et un vieux sorcier soigne ma cheville endolorie par une simple apposition des mains. Le pire, c’est que ça a marché !

Mercredi 6 janvier 2010 : Misibis Bay et Legaspi.

Nous sommes invités à passer la journée à Misibis Bay, un nouvel hôtel de grand luxe qui a ouvert il y a à peine 8 mois. Cet hôtel de 5 étoiles est un resort majoritairement fréquenté par des Coréens en voyage de noce… L’équipement de l’hôtel est parfait, nous avons fait honneur à l’excellent buffet, à l’exploration (en tyrolienne) de la forêt et avons risqué notre peau en quad (serrez bien votre casque : il en va de votre survie). Le panorama sur les chapelets d’îlots est extraordinaire. Nous avons aussi une vue imprenable sur le Mont Mayon, qui crache des fumerolles depusi trois semaines. En fin de journée, nous devons nous résoudre à quitter ce luxueux paradis. Prochaine étape : Legaspi, capitale de la région, et aussi la capitale gastronomique des Philippines !
Nous avons choisi le restaurant « small talk ». Régal de spécialités à la noix de coco et aux épices douces.

Jeudi 7 janvier 2010 : Donsol et Ticao.

La meilleure saison pour observer les requins-baleines s’étend de mars à mai. Nous vendons toutefois ce type de voyage dés la fin du mois de novembre, en indiquant à nos clients voyageurs que les requins-baleines ne seront peut-être pas au rendez-vous…
Briefing rapide par nos instructeurs : on ne part jamais à plus de 6 personnes ensemble on ne s’approche pas des baleines à moins de 3 mètres, on ne fait pas de bruit en sautant… Après 1h30 de navigation (le ciel est couvert et la visibilité est mauvaise), on se dit que ça n’était pas « une journée à requins-baleines » et alors que notre capitaine envisage de rentrer au port, les monstres des mers montrent leur aileron ! Cris des marins. Ils nous donnent 5 secondes pour enfiler nos palmes et nous sautons ! Nos accompagnateurs nous attrapent par le bras et nous entrainent à vive allure nager au dessus des requins-baleines. Ce jour là, les plus grands mesuraient 12 à 13 mètres environ. Dans l’heure qui suivit, nous avons plongé à nouveau trois fois. Cette expérience a été à la fois émouvante et effrayante. Après ces quatre sauts, j’ai refusé de plonger davantage. Les bêtes m’ont trop impressionné…

Après un pique-nique très simple à bord, nous sommes partis à la découverte de notre prochaine étape. Surprise : on accoste sur une petite plage. Y ont été construits neuf cabanes de bambou toutes simples. Nous sommes sur l’île de Ticao, dans le village de San Jacinto, à mi-chemin entre les îles de Luçon et de Masbate.

C’est dans l’une de ces cabanes que je coulerai peut-être un jour des jours heureux, quand je passerai toute l’année à voyager… Nichée au fond d’une petite crique parfaite. Cette excellente surprise nous a réservé bien des émotions : la découverte d’un village minuscule où des dizaines d’enfants nous ont couru après dans le but unique de saluer ces voyageurs au visage pâle. Nous avons contemplé pendant des heures un environnement vierge et sauvage, des palmiers qui surplombent une mer turquoise, des petites plages de sable blond. Nous avons été accueillis par un personnel dévoué dont le niveau d’anglais n’était malheureusement pas à la hauteur… nous ne communiquions le plus souvent que par gestes ou regard, mais nous avons réussi toutefois à échanger des émotions brutes…

Vendredi 8 janvier 2010 : Donsol et Sorsogon.

Entre Sorsogon et Ticao, à bord de notre bangka, nous avons pu observer les majestueuses chutes de Monreal et profiter d’un snorkeling au dessus des coraux, hippocampes et des étoiles de mer absolument majestueux. Angela, qui travaille au petit hôtel de Ticao nous confirme que jamais personne ne vient ici ! Encore un peu plus loin, j’abandonne Maryline à Manta Bowl. Il y a beaucoup de monde en saison (de mars à mai) mais aujourd’hui, Maryline était la seule plongeuse, avec Bobby son instructeur et 7 assistants, chacun dévolu à une tâche bien précise. Pendant que Maryline va voir des nudibranches, des anémones, anemofihs de plusieurs types, de coraux, des gorgones, des serpents de mer, des poissons-lions et des poissons-mer, je retourne à Ticao déjeuner et repars pour Pangang (où est installé le centre d’observation des requins-baleines) visiter 7 hôtels tous plus laids les uns que les autres. Au retour de Maryline, nous nous installons au seul établissement de qualité de Donsol. Un délicieux petit resort de 15 chambres construites au bord d’une jolie piscine. Le staff nous attend en rangs serrés… l’hôtel vient d’ouvrir, nous sommes les seuls clients de l’hôtel. Comme d’habitude, aux Philippines, tout est possible ! Lorsque nous avons demandé à faire laver notre linge, comme l’hôtel ne propose pas ce type de service, c’est la maman d’un staff de l’hôtel qui s’est chargé de notre lessive pour un prix dérisoire.

Samedi 9 janvier 2010 : De Donsol à Legaspi.

Aujourd’hui, visite de la campagne profonde et découverte des traditions de la région : C’est la fête du saint-patron du village natal de notre guide… il nous balade de maison en maison… tous nos hôtes nous accueillent chaleureusement et nous font goûter à mille spécialités. Là aussi, nous serons les deux seuls blancs… les villageois nous expliquent qu’ils sont heureux de voir que des voyageurs peuvent s’intéresser à eux et pas seulement aux requins-baleines. Nous soufflons dans des bulles de savon pour le plus grand bonheur des enfants !

L’après-midi, départ pour Lepaspi. Nous nous arrêtons à la très belle église baroque de Daraga, construite en lave et en pierre volcanique au XVIIème siècle. Nous poursuivons vers les ruines de l’église de Cagsawa, face au majestueux Mont Mayon, alors en éruption…

Nous arrivons en fin d’après-midi à Legaspi, injustement décriée. C’est une grande ville (200 000 habitants) calme, propre, à la gastronomie délicieuse. Nous faisons étape dans un petit boutique-hôtel délicieux. Festin de spécialités à la noix de coco… demain marquera le départ de Maryline des Philippines et son retour vers Paris.

Dimanche 10 janvier 2010 : Leyte.

Alors que Maryline prend son vol pour Manille (et sa correspondance pour Paris), je pars pour Tablocan avec mon ami Matthieu qui habite Manille et qui va profiter de mon voyage pour découvrir les Visayas orientales, qu’il ne connait pas encore…  
Accueil protocolaire du représentant local du ministère du tourisme, photos, déjeuner sous les caméras de la télévision locale… l’arrivée d’un tour opérateur européen semble un événement hors du commun !
Les autorités ministérielles nous emmènent à une belle plage de sable noir où s’est déroulée quelques jours avant une compétition internationale de surf. Le maire du village nous attend. Speech officiel. Orgie de noix de coco. Des adolescents et jeunes adultes s’adonnent aux joies du surf sur la très belle plage de sable noire. Par trois fois, ils demandent s’ils doivent continuer ! C’était sans compter que Matthieu parle tagalog couramment !
 
Lundi 11 janvier 2010 : Leyte et Samar.

Journée d’excursion de Leyte à Samar. Visite d’ateliers d’artisanat, des grottes de Sohoton et de la campagne locale. Le ministère du tourisme a visiblement mis les petits plats dans les grands pour me recevoir mais… je ne retiendrai pas grand-chose de ces deux îles…

Mardi 12 janvier 2010 : Malapascua.

Encore une fois, nous nous sommes levés à 4 heures du matin pour prendre un vol aux aurores. Départ pour Cebu. 3 heures de route pour Maya, à la pointe nord de l’île et traversée pour l’île minuscule de Malapascua. Arrivée à l‘hôtel, c’est le choc ! plage de sable blanc, eau turquoise transparente, soleil de plomb, ravissant hôtel construit en bambou, décoré du meilleur goût et à l’ambiance baba-chic, un personnel prévenant, pro, efficace et charmant… Nous y avons passé une après-midi et une soirée de rêve.

Mercredi 13 janvier 2010 : Malapascua / Cebu / Bohol / Panglao.

Matinée à la plage… transfert (dangereux : cet après-midi, la mer était démontée) vers Maya et trois heures de route pour Cebu… Grâce à l’efficacité de notre chauffeur, nous avons réussi à ne pas rater le dernier bateau rapide pour Bohol. Accueil charmant de l’hôtel Ananyana, mon adresse préférée à Bohol, que nous vendons régulièrement et qui nous a invités. Diner pantagruélique pour presque 20 dollars chacun. C’est hors de prix pour les Philippines, mais ça les vaut largement !

Jeudi 14 janvier 2010 : Panglao.

Pendant que Matthieu va aller du spa à la piscine, de la piscine au restaurant, du restaurant au club de plongée… je visite et revisite 8 hôtels de Panglao. Nous devions prendre l’unique ferry du jour pour Siquijor, « l’ile des sorciers ». Je suis un peu incrédule quand l’hôtel de Siquijor m’appelle pour m’expliquer qu’en raison de la tempête qui sévit à Siquijor, le bateau est annulé (alors que le temps est superbe à Panglao…). Nous décidons de rester une nuit supplémentaire à l’Ananyana, de supprimer notre escale à Siquijor (nous ne devions y rester que 48 heures) et de rentrer à Manille plus tôt que prévu. Matthieu a envie de me montrer une facette de Manille que je connais peu : la vie nocturne !    
 
Vendredi 15 janvier 2010 : Panglao / Bohol / Manille.

Pour quelqu’un comme moi qui ne supporte pas de ne rien faire, cette journée a été un cauchemar. Sans vous donner une liste de détails sans intérêt, je résumerai la situation en expliquant que la tempête qui sévissait hier à Siquijor est arrivée vers Bohol, qu’en raison des conditions météorologiques désastreuses, l’aéroport de Bohol n’a as ouvert ce jour là, que nous avons fait 4 allers-retours entre l’aéroport et la ville dans le but (vain) de rentrer à Manille, que nous avons finalement pris le dernier ferry entre Bohol et Cebu et que, par chance, nous avons réussi à échanger notre billet Bohol / Manille contre un Cebu / Manille. C’est à 3 heures du matin que nous sommes arrivés chez Matthieu.

Samedi 16 et dimanche 17 janvier 2010 : Manille.

Week-end de fête à Manille. Shopping au mall of Asia, le plus grand d’Asie, delicieux restaurants, soirées endiablées… week-end de rêve ! Seul bémol, je reçois samedi matin un appel de la compagnie aérienne qui devait me transporter le lendemain dans l’archipel de Batanes. Il y a trop de vent et les vols sont annulés jusqu’à mardi « au moins » pour des raisons de sécurité. Je file donc en direction d’Hong-Kong : si les éléments ne veulent pas que je découvre Siquijor et Batanes, ils ne m’empêcheront pas d’aller faire mon shopping de chinoiseries dans la city of lights !