Frédéric - Sept 2010

C’était le 5 septembre 2007 : il y a tout juste trois ans,  pour la première fois, je découvrais un petit bout des Philippines. Le ministère du tourisme avait pris conscience du potentiel du marché français pour l’archipel, fréquenté alors presque uniquement par les plongeurs et les adeptes du trek, et m’avait invité à participer au Phitex, le « Philippine Travel Exchange ».

Ce salon a lieu tous les ans à la même époque, et il permet à des concepteurs de voyages du monde entier de rencontrer des prestataires philippins pendant quelques jours. Et puisqu’on est sur place, le ministère du tourisme nous invite à visiter quelques îles. C’est ainsi que j’avais découvert, outre Cebu (où avait lieu le rassemblement professionnel), les îles de Bohol et Negros, et Manille.

Quelques mois plus tard, l’agence lançait ses premières propositions de voyages, forte des conseils du ministère du tourisme, de ceux des prestataires rencontrés et des expériences des collaborateurs de l’agence : ma découverte rapide de septembre 2007, et celle, plus complète, de Thibault, qui a voyagé dans les rizières de Banaue, à Bohol et à Boracay.

L’agence a rencontré immédiatement le succès espéré. En 2009, nous étions le deuxième tour opérateur français aux Philippines ! Il faut dire que question formation, on n’a pas hésité à investir avec au total (depuis trois ans), huit voyages de l’équipe à Bohol, Cebu, Boracay, dans les rizères, à Manille, à Ilocos, Tagaytay, Palawan, Caramoan, Bicol, Malapascua et j’en oublie sans doute…

On est retournés à Palawan, Boracay, Bohol et Negros et encore à Manille ! De plus, il semblerait que ça ne soit pas terminé puisque Manila veut à son tour marcher sur mes traces et celles de Thibault dans les magnifiques rizières de la cordillère centrale de Luçon et découvrir le Mont Pinatubo. Cela ne serait qu’une question de semaines… 

Cette année, me voici de retour au Phitex. Une édition plus « confidentielle » puisque le ministère du tourisme a fait le choix d’inviter essentiellement des opérateurs qui connaissaient déjà les Philippines (ou du moins, une partie des 7107 îles du plus grand archipel de la planète..) 

Du mardi 31 août au vendredi 3 septembre 2010.

Cette année, la délégation française était réduite à sa plus simple expression puisque j’en étais l’unique représentant ! Nos prestataires étaient rassurés de savoir que nous ne tournions pas le dos au pays malgré les derniers événements : dix jours avant Phitex, une prise d’otage sanglante avait valu la mort de huit ressortissants de Hong-Kong. Ce drame aurait pu se passer n’importe où dans le monde, mais cela a suffi pour refroidir certains : plus de la moitié de la délégation chinoise, la plus importante, a ainsi annulé sa participation.

J’ai eu une soixantaine de rendez vous en face à face, à la façon d’un speed-dating… Chacun avait de 13 minutes pour me séduire et me convaincre. (un bong retentissait quand les prestataires devaient changer de table pour draguer un nouvel opérateur…). C’est très agréable de se faire courtiser de cette façon ! mais épuisant…

Les Philippins nous ont aussi montré comment ils savaient accueillir leurs invités : nos hôtes nous ont reçus dans les plus beaux hôtels de Manille et nous ont offert des spectacles grandioses. Même si tout n’était pas à mon goût, ce séjour à Manille était des plus agréables malgré les 35 degrés ambiants et les orages quotidiens (septembre est la saison des typhons dans le nord du pays…)

Je ne m’étendrai pas, par exemple sur cet hôtel monumental de 6 étoiles avec galerie commerciale, salles de théâtre et de cinéma, sans oublier le casino (ah… le casino, cette débauche de lumières, de bruits, de fumée de cigarettes et de vieilles dames endimanchées… tout ce que j’aime…). Passons , je vous en prie, un voile pudique sur cette regrettable faute de goût… Manille, la plus américaine des villes asiatiques veut se positionner comme la « capitale du shopping » en Asie et force est de constater que les Chinois (un réservoir sans fond pour le tourisme philippin, à seulement 1h40 de vol d’Hong-Kong et 4h de Shanghai et Beijing) adorent ça !                

Du samedi 4 au lundi 6 septembre 2010.

Avec quelques confrères (nous ne sommes que 6), nous partons quelques jours dans la région d’Ilocos. Je n’y étais pas encore allé. Après la végétation sauvage, les plages superbes, la plongée, le trek, les balades en bangka, le shopping, les folles de nuit de Makati… après les paysages de rizières en amphithéâtre, les collines de chocolat, les falaises de calcaire noir, les requins-baleines, les dauphins, les tarsiers, les poissons, les varans et les singes, je vais pouvoir appréhender quelques facettes « historiques » des Philippines :

- l’époque espagnole d’abord avec la charmante petite ville de Vigan, classé au patrimoine mondial par l’UNESCO et quelques églises (elles aussi classées) au style « baroque des tremblements de terre »

- l’ère de Marcos ensuite puisque le Nord d’Ilocos lui semble encore complètement dévoué… Nous nous sommes d’ailleurs approchés tout près des Marcos puisque nous avons visité l’endroit qui abrite le mausolée de Ferdinand, président des Philippines de 1965  à 1986 et que je n’ai été séparé d’Imelda, la femme aux 3000 paires de chaussures que de quelques mètres puisque nous sommes descendus au même hôtel. (n’est-ce pas chic d’annoncer cela ainsi ?)

Que retenir d’Ilocos ?

- D’abord qu’on est à mille lieux du tourisme de masse ! Certes, ma vision est sans doute tronquée car les voyageurs évitent de se rendre à Ilocos entre fin juin et début octobre, la « saison des cyclones » (moi, je ne fais pas la fine bouche quand le ministère du tourisme m’invite quelque part, même sous la pluie… Toutefois, je conseille à mes clients d’aller dans le nord plutôt entre novembre et mai...). Frédérique, qui travaille à l’agence et qui est partie en vacances à Ilocos en mars dernier (c’est à dire, en pleine saison) m’a confirmé que ça n’était pas la foule…

- Ensuite, qu’on ne reste jamais bien longtemps au même moment ! Partout dans le monde, je me plais à passer des heures au volant parmi des paysages vierges. Aux Philippines, c’est encore mieux puisqu’on a toujours un chauffeur… J’ai d’excellents souvenirs de journées de marche dans les rizières de Luçon et dans le centre de Palawan, de balades en moto à Bicol, d’heures de bangka partout aux Philippines…

à Ilocos, on n’arrête pas de s’arrêter et de repartir : pour grimper jusqu’à un point de vue, pour visiter une église, pour observer les travaux d’un artisan… Certes, on peut passer quelques jours de repos à Pagudpug, que les Philippins appellent la « Boracay du Nord » même si elle n’a rien à voir avec la vraie Boracay : à Boracay, le sable est blanc ; ici, il est presque rose. A Boracay, les hôtels sont construits les uns sur les autres ; ici, il n’y en a presque pas… A Boracay, on se presse contre la foule sous le bruit de la musique électronique ; à Pagudpud, on n’est que quelques privilégiés à écouter le chant des oiseaux… Pagudpud saura séduire ceux qui cherchent un hébergement simple et tranquille face à la mer. Si vous préférez de l’animation, une cuisine raffinée, de beaux hôtels au service impeccable, j’ai de meilleures adresses, en particulier à Bohol ou Palawan. Voyager hors des sentiers battus impose l’acceptation de ces petites imperfections.

- Qu’Ilocos vous propose des hébergements comme on les aime : des petits hôtels de cachet qui ont une vraie personnalité : à Vigan et à Currimao, en particulier, nous serons en mesure de vous conseiller des petits hôtels de 5 à 24 chambres dans le pur style colonial. Le choix est plus limité à Laoag mais l’immense Fort Ilocandia, décoré des photographies de Marcos avec les plus grands chefs d’état des années 60, 70 et 80 ne laisse pas de doute : ici, on est bien aux Philippines et pas dans un anonyme resort sans style.        

- Qu’enfin, et peut-être encore plus qu’ailleurs aux Philippines, vous y serez bien reçu ! à Ilocos, on a compris que l’histoire, omniprésente, plait aux européens et on les soigne ! Pour preuve, la télévision nationale a interviewé ces tour opérateurs étranges qui s’intéressent plus aux églises baroques de Paoay ou aux rues pavées de Vigan qu’aux resorts de Boracay ! Et c’est pas pur hasard que le reportage a été diffusé au moment où nous attendions l’embarquement de notre vol retour pour Manille. Succès garanti à l’aéroport où les autres voyageurs semblaient vraiment être heureux que nous puissions être capables de parler désormais en connaisseurs de leur région !  

Du mardi 7 au mercredi 8 septembre 2010.

Moment rare lors de ces voyages de repérage : je vais pouvoir passer deux jours à la plage ! (euh… si le temps le permet : je me répète : de fin juin à mi-octobre, il pleut au nord des Philippines…)

Alors que mes confrères Britanniques vont passer une journée à Manille avant de rejoindre Hong-Kong et Taiwan, que les Allemandes vont passer découvrir Séoul et ses environs en 3 jours, et que le Suisse va retrouver ses chères affaires, je m’en vais découvrir Puerto Galera, station balnéaire du nord de Mindoro à seulement 2 heures de route puis 1h30 de bangka de Manille. En fait, je n’aurai vu de Puerto Galera que son plus grand hôtel : le Coco Beach. La météo était trop incertaine pour quitter l’hôtel, isolé de tout car on n’y accède que par la mer. Comme chaque éclaircie n’a duré que deux heures, j’ai bien fait de ne pas quitter Coco Beach. Mais quand on a trouvé le paradis, pourquoi le quitter ?

Coco Beach sera ma plus belle découverte de ces 10 jours aux Philippines ! Magnifique établissement dans une immense cocoteraie, cet éco-resort est ce que j’ai vu de plus abouti dans l’idée « tourisme durable, responsable, équitable et respectueux ». Promis, vous en saurez davantage dans le prochain post (il est déjà écrit.. que vouliez vous que je fasse à Coco Beach alors qu’il pleuvait tout le temps ?). Je n’aurai qu’un conseil à donner : allez-y !       

Jeudi 9 septembre 2010.

J’ai quitté Puerto Galera et mon cher Coco Beach sous un soleil radieux ! La vie est ainsi faite : les bonnes choses ont une fin… Retour dans la capitale, dernières réunions de travail à Manille l’après-midi et soirée endiablée dans les bars de Makati avec Matthieu, que j’avais rencontré l’hiver dernier à Manille et mon amie Julia, qui a posé ses malles d’expat’ ici il y a 4 jours.

Les premiers pas de Julia aux Philippines, c’était avec moi en l’an dernier à Palawan. Depuis, elle ne rêvait que d’Asie. La voici installée à Manille pour « au moins deux ans ». Pour moi, son installation est une raison supplémentaire pour retourner aux Philippines encore plus régulièrement… 

Salamat les amis ! et à très vite sur l’une de vos 7107 îles…